Le Sol Vivant par "TERRE & HUMANISME"

Publié le par les Jardins des Coteaux

Le mas de Beaulieu

Acheté le 18 décembre 1998, le Mas de Beaulieu est un site d’environ un hectare qui comprend les jardins potagers nourriciers et pédagogiques ainsi que les bâtiments, restaurés de manière écologique, dédiés au siège de l’association et à la formation.

La grande aventure du jardinage a commencé sur une ancienne terre à vignes malmenées par des décennies de pratiques agricoles conventionnelles : travaux répétitifs du sol pour lutter contre les « mauvaises herbes », utilisation de pesticides,… Le sol, affaibli en humus, ressemblait à du béton ! La première étape a été de collecter les eaux de pluies ruisselant des toitures et de les stocker dans un lac collinaire et dans une cuve de 330 m3. Nous avons ensuite amener de la matière organique (engrais verts, paille et fumier) pour pouvoir commencer à jardiner. Puis planter des arbres, des arbustes, des haies,….pour reconstituer un écosystème dans lequel le jardin s’insère, pour le plus grand profit des légumes qui y sont cultivés.

Le climat particulier de l’Ardèche, chaud et sec en été, très pluvieux en automne et au printemps, nous contraint à être particulièrement attentifs à la gestion de l’eau et du paillage, protecteur des sols. Actuellement, nous fournissons plus du tiers des légumes consommés au Mas de Beaulieu (plus de 6000 repas/an) en travaillant avec des bénévoles, généralement novices en la matière, que nous recevons de mars à octobre.

Longtemps confondu avec un substrat inerte, le sol reprend ici toutes ses lettres de noblesse : le sol est un concentré de vie né de la collaboration des racines des plantes et des micro-organismes. Toute la fertilité des forêts, mais aussi des prairies, des steppes,… dépend de leurs interactions.

Les techniques utilisées en agroécologie

Le paillage Le paillage a un rôle protecteur assuré par une couverture quasi permanente du sol imitant le couvert forestier. Il limite le tassement dû aux fortes pluies, ou l’évaporation liée aux rayons du soleil puissant et aux vents desséchant. De plus, il abrite, protège et nourrit de multiples organismes vivant qui sont les meilleurs alliés du jardinier. Il offre ainsi au sol la possibilité d’être fertile et vivant. Le couvert végétal limite le travail de désherbage de certaines plantes qui n’arrivent pas à le traverser. Les graines germées serviront de repas aux organismes du sol.

La culture sur buttes La butte augmente la surface de contact entre l’air et le sol, facilitant l’oxygénation favorable aux multiples micro-organismes. Elle maintient également la structure du sol (l’eau de pluie excédentaire ruisselle dans les allées et n’asphyxie pas le sol). Les racines s’épanouissent en profondeur pour trouver eau et nutriments. Ces conditions garantissent une bonne santé des plantes et les rendements suivent de concert.

Les couches chaudes Utilisées pour faire germer les variétés de légumes venant de pays lointains et au climat radicalement différent (tomates, aubergines, poivrons, etc.). Le semi sur couche chaude nous permet de semer ces espèces délicates dès la sortie de l’hiver et d’obtenir de beaux plans prêts pour l’arrivée des beaux jours.

Les engrais verts Dans la nature, la succession de différentes plantes fait évoluer les sols et les rend plus humifères. Le jardinier imite la nature, mais à son profit, en sélectionnant des plantes qui restructurent et nourrissent les sols cultivés. On sèmera différentes variétés sur une même planche pour bénéficier des performances de chacune. Les céréales seront sélectionnées pour leurs racines profondes et très ramifiées qui structurent le sol permettant à l’eau et à l’air de pénétrer. Les racines de plantes de la famille des légumineuses hébergent des bactéries qui stockent l’azote de l’air. Les engrais verts seront fauchés et enfouis dans les premiers centimètres de sol avant floraison afin que l’azote et la masse végétale puissent nourrir la culture suivante.

La rotation La rotation fait partie des techniques agricoles les plus utilisées et les plus connues dans le monde de la paysannerie. Cela consiste à alterner différentes familles de plantes sur les parcelles cultivées tout en maintenant une couverture végétale permanente du sol. Elle permet également de lutter contre le développement des maladies et des ravageurs et de permettre aux différents oligo-éléments présents dans le sol de ne pas se raréfier. La rotation bio type est l’alternance de fruit-feuille-racine-engrais vert. Celle pratiquée au Mas de Beaulieu est gourmande (fruit) -engrais verts-feuilles-racines.

Le compostage C’est une dégradation naturelle de la matière animale et végétale (matière organique) contrôlée par un ensemble d’êtres vivants (bactéries, champignons, micro et macro-organismes).

Le résultat de cette dégradation, une fois redonnée au sol, se liera à la matière minérale pour donner l’HUMUS qui apportera fertilité et structure au sol.

Le compost se pratique ici:

  • en andain : destiné aux grands jardins et pratiqué par les agriculteurs, il est obtenu par la succession de couches de matériaux secs (carbonés), de matières fraîches (azotées) et de fumier. Le tas atteint une dimension de 1,2 à 1,5m de largeur, une hauteur de 1,2 à 1,4m pour une longueur minimale de 1,5m.
  • en bacs : pour les petits jardins, les bacs permettent de produire de grandes quantités de compost sur une faible surface.
  • le compost ménager permet de recycler les déchets de cuisine correspondant à plus de 6000 repas/an servis au Mas de Beaulieu. Chaque jour, les déchets de légumes sont étalés sur un des trois bacs.
  • le compost des toilettes sèches est utilisé pour fertiliser les haies, les arbres ornementaux et les espaces non cultivés.
  • le lombricompost recycle une partie des déchets de cuisine.

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