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Journées internationales de la semence,du 1 au 4 mai 2014

Publié le par Amap de la Crabote

“Journées internationales
de la semence” organisées par Kokopelli du 1er au 4 mai 2014

Présentation

Nous avons le plaisir de vous annoncer l’organisation prochaine, au Mas d’Azil dans l’Ariège, d’un grand festival de quatre jours, destiné à célébrer l’amitié en lançant une nouvelle coordination européenne des organisations dédiées à la sauvegarde de la diversité semencière, ainsi qu’à fêter la fertilité et l’abondance semencière que nous offre, de manière toujours renouvelée, la Terre mère.

Nous aurons l’honneur d’accueillir à ce festivalVandana Shiva, célèbre militante internationale pour la liberté des semences et fondatrice de l’organisation Navdanya, de même que quelques uns de nos amis latinoaméricains du grand réseau des gardiens de semences de ce continent, ainsi que certains des meilleurs experts en production de semences, techniques d’agroécologie et apiculture alternative, en provenance d’Inde et d’ailleurs, afin d’animer conférences, discussions et ateliers fertiles.

Nous recevrons également la caravane internationale de solidarité pour les semences, qui sera conduite par nos amis de Peliti et quittera la Grèce le 27 avril pour rejoindre le Mas d’Azil, en passant par l’Italie, le 30 avril au soir.

Les deux premiers jours seront consacrés au travail, en interne, des organisations européennes présentes, et les deux derniers jours seront festifs, didactiques et ouverts au grand public.

Programme des Journées Internationales de la Semence

Voir le programme du Concert

Pour les ateliers uniquement, une participation de 45 €uros par jour vous est demandée, afin de couvrir les frais de voyage, particulièrement, de nos intervenants, qui viendront, pour certains, de bien loin.

Alors, à vos agendas !

Nous nous réjouissons de vous retrouver très prochainement !

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Marre de la spéculation financière....

Publié le par Amap de la Crabote

Colibris sur France 5 pour encourager chacun à placer son argent dans la banque la plus éthique possible. Dans deux jours vous pourrez voter pour la naissance de la 1ère banque éthique en France

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A écouter et à entendre.....

Publié le par Amap de la Crabote

Nicolas Hulot, estime que l’absence de réaction politique face au réchauffement climatique est "consternant". Le militant écologiste avoue ne pas comprendre "qu’il y est un tel silence sur ce sujet", alors qu’on "peut réindustrialiser notre pays" grâce aux énergies renouvelables.

Source vidéo : Nicolas Hulot : "Cette contrainte climatique peut être une opportunité économique"

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Le BRF une solution ?

Publié le par Amap de la Crabote

Pour information.....

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Infos sur les semences

Publié le par Amap de la Crabote

Bientôt une nouvelle réglementation sur les semences, un bon moment pour comprendre le comment du pourquoi ! C'est parti !

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Tarte aux courgettes jaunes

Publié le par Amap de la Crabote

Tarte aux courgettes jaunes

Pour 4 à 6 personnes : Préparation 30 min (préparation et repos de la pâte)
Cuisson 45 à 50 min
1 pâte feuilletée - 2 cuill. à soupe d'huile d'olive vierge extra - 500gr de courgette jaunes, coupées en fines rondelles - 1 gros oignon émincé - 6 cuill. à soupe de pesto - 180 gr de fromage de chèvre crémeux,ramolli - 1 tomate olivette, coupée en fines rondelles - 1 gros eouf, battu avec 2 cuill. à soupe d'eau - 10 petites olives vertes dénoyautées, grossièrement hachées - Sel et poivre du moulin.....

PÂTE :
1. Préparez la pâte feuilletée et réservez-la au réfrigérateur .
2. Préchauffez le four à 200 °C (therm. 6-7)
3. Beurrez un moule à tarte de 28 cm de diamètre.
GARNITURE :
4. Mettez l'huile à chauffer dans une grande poê à feu moyen. Ajoutez les rondelles de courgette et l'oignon dans la poêle. Salez et poivrez, puis faites sauter le tout pendant environ 5 minutes, jusqu'à ce que les ingrédients soient légérement dorés. Arrêtez le feu. Couvrez et laissez reposser 5 minutes.
5. Dans un petit saladier, mélangez le pesto avec le fromage de chèvre.
PÂTE :
6. Foncez le moule en laissant déborder la pâte tout autour, puis piquez la régulièrement à l'aide d'une fourchette.
GARNITURE :
7. Répartissez uniformément la préparation à base de fromage de chèvre sur la pâte. Couvre du mélange de courgettes et oignons, puis des rondelles de tomate. Salez et poivrez. Rabattez les bords de la pâte sur la garniture, puis badigeonnez-les d'oeufs battu.
8. Enfournez et laissez cuire 40 à 50 minutes, jusqu'à ce que la pâte soit dorée.
9. Parsemez d'olives et servez chaud.

Publié dans Recette

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Repenser le progrès

Publié le par Amap de la Crabote

N’est-il pas temps de revoir matériaux, modes de production et de distribution, afin d’éliminer la notion de déchet ?

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RÉFORME DE LA PAC : UN TOURNANT DANS L’AVENIR DE NOTRE MODÈLE AGRICOLE

Publié le par Amap de la Crabote

RÉFORME DE LA PAC : UN TOURNANT DANS L’AVENIR DE NOTRE MODÈLE AGRICOLE

La Politique Agricole Commune (PAC) des 7 prochaines années se décide actuellement au sein de l’Union Européenne, dans le cadre de négociations qui doivent aboutir à la fin du mois de juin. Décriée, la PAC soulève de nombreuses problématiques environnementales, socio-économiques et internationales. Retour sur ces enjeux fondamentaux pour l’avenir de notre agriculture.

Depuis plusieurs mois, la réforme de la PAC 2014-2020 est devenue un sujet brûlant pour l’Union Européenne. Symptôme d’une crise structurelle de l’agriculture européenne, la PAC coûte cher mais n’apporte pas de solutions écologiquement et humainement viables à nos agriculteurs. Représentant chaque année autour de 60 milliards d’euros, soit 43% du budget total de l’U.E1 sur la période 2007-2013, la PAC est aujourd’hui attaquée à plusieurs échelles. Profondément néfaste à l’environnement, la PAC est aussi dénoncée pour les inégalités qu’elle ne fait qu’aggraver, aussi bien au sein de l’Union Européenne qu’au sein du secteur agricole et parmi ses différents partenaires du commerce mondial. Point d’analyse sur ces quatre niveaux de critique.


Une agriculture destructrice de son environnement
En matière d’enjeux environnementaux, tout d’abord, la PAC n’est pas orientée vers des politiques durables et agroécologiques. Favorisant de grandes exploitations et la domination d’une agriculture industrielle intensive, la PAC alloue de maigres subventions à destination des pratiques agricoles responsables et à l’aménagement territorial durable. En privilégiant des systèmes de production spécialisés, concentrés et intensifs et l’utilisation des pesticides, la PAC a ainsi encouragé la dégradation des sols et des cultures, la diminution des variétés d’espèces cultivées et la régression des prairies permanentes. Outre la détérioration de la biodiversité sauvage et domestique, l’agriculture moderne défendue par la PAC a également d’importants impacts en matière de changements climatiques (émissions de gaz à effet de serre) et de pollution des eaux (nitrates). Le défi est donc majeur à l’horizon 2020 : intégrer les engagements environnementaux de l’Union européenne dans la prochaine réforme de la PAC.


Une agriculture injuste et en perte de vitesse
Dommageables à l’environnement, les aides de la PAC le sont également à notre système économique et social. Elles sont productrices d’inégalités à plusieurs niveaux, entre les Etats et les Régions, mais aussi entre les agriculteurs et les systèmes de production.


Au sein de l’UE, la répartition des aides de la PAC est sujette à de nombreuses critiques, parmi les Etats-membres. Certains pays de l’UE ont, certes, un secteur agricole plus conséquent que d’autres, et reçoivent ainsi proportionnellement plus de subventions que les autres. C’est le cas de la France, qui est le premier bénéficiaire de la PAC, devant l’Espagne et l’Allemagne. Mais la répartition s’effectue aussi sur des critères historiques : les nouveaux Etats membres reçoivent seulement une petite partie des aides financières. C’est ainsi que la Pologne, pour qui le secteur agricole est un levier important de l’économie du pays - avec 13,3% de la population active et 2,4 millions d’exploitations agricoles - reçoit en valeur relative moins d’aide que la Grande-Bretagne, qui n’a pourtant que 1,1% de sa population active concentré sur le secteur agricole, avec à peine 300 000 exploitations agricoles2. C’est ainsi que de nombreux pays militent pour une plus grande convergence des niveaux d’aides entre les Etats membres.


Particulièrement inéquitable au sein de l’UE, la répartition des aides de la PAC ne contribue pas non plus, aujourd’hui, à enrayer la diminution des emplois dans le secteur agricole ainsi que la perte régulière de pouvoir d’achat pour les agriculteurs. En effet, on considère que 20% des exploitations accaparent près de 80% des aides directes, pour 59% des superficies et seulement 25% d’emplois3. Une sorte de cartographie des aides de la PAC peut être ainsi établies : celles-ci se destinent prioritairement aux grandes cultures et aux grands élevages, tandis que d’autres secteurs comme les fruits et légumes, la viticulture ou les vaches laitières sont très peu soutenus. Ceci fait donc de la PAC une politique socialement très contestable. Preuve en est donnée par la difficile visibilité autour des données statistiques, beaucoup de pays n’offrant pas un accès public aux informations principales4. C’est ainsi que se sont montées des campagnes citoyennes réclamant une plus grande transparence5, à l’image de celle d’Oxfam qui dénonçait au milieu des années 2000 le fait que des personnalités comme Albert de Monaco ou la reine d’Angleterre bénéficient de subventions conséquentes6...


Une agriculture inéquitable pour nos partenaires au Sud
Si la PAC s’avère injuste à l’égard de ses propres actifs agricoles, elle l’est de surcroît vis-à-vis de ses partenaires et des pays en développement, dont le secteur agricole fait face aux politiques de dumping pratiquées sur les produits agricoles par l’Europe. En effet, le système d’aides économiques a longtemps permis de subventionner des exportations vers les pays du Sud. Grâce à cette politique de subvention, les produits européens étaient vendus moins chers que s’ils étaient produits localement ! C’est ainsi qu’à la fin des années 90, les Sénégalais ou les Camerounais se sont mis à consommer massivement des poulets européens7 ! Avec toutes les conséquences désastreuses que cela représente en destruction de filières, d’emplois et de marchés locaux… Si les réformes successives de la PAC se sont attaquées à freiner cette concurrence déloyale, il reste encore aujourd’hui beaucoup à faire pour lutter contre cette politique de dumping organisée sciemment !


L’urgence de l’agenda
2013 est une année-charnière dans l’agenda de la Politique Agricole commune (PAC), puisqu’elle marque l’adoption finale d’une nouvelle réforme. La nouvelle PAC se verra mise en œuvre pour les 7 prochaines années, à partir du 1er janvier 2014 et jusqu’en 2020, conformément au cadre pluriannuel sur lequel se sont mis d’accord les Etat-membres.

Les négociations sont sur le point d’aboutir. Le 13 mars dernier, les parlementaires européens ont ainsi voté à Strasbourg les quatre rapports portant sur la réforme de la PAC - Paiements directs, Développement rural, Organisation commune de marché et règlement horizontal. Si les enjeux sont conséquents (part dans le budget européen, conditionnalité des aides, meilleure protection de l’environnement, etc.), les mesures restent faibles et les textes manquent encore cruellement d’ambition. Surtout, le temps joue en la défaveur du changement : la commission européenne a décidé, le 18 avril dernier, l’instauration d’un régime transitoire pour l’année 2014, afin de mettre en place progressivement le nouveau système d’aides directes issues de la réforme de la PAC. Le verdissement espéré des aides ne pourra donc débuter qu’en 2015, quoiqu’il en soit8...

Le temps d’agir
C’est pourquoi le secteur associatif et la société civile se mettent en marche pour porter la voix d’une autre agriculture, plus durable et plus juste. C’est aujourd’hui qu’il faut se mobiliser pour infléchir ces décisions européennes, tant qu’il est encore temps ! Car, après, la prochaine réforme de la PAC sera dans 7 ans…

Pour participer à ce mouvement citoyen, nous vous invitons d’abord à signer la pétition "I Field Good", initiée par la Fondation Nicolas Hulot, qui a pour but d’intégrer quatre orientations à la réforme de la PAC afin de bâtir une agriculture et une alimentation d’avenir, écologique, juste et solidaire.

De même, dans le sens de la campagne "Go Meet A Deputy" qui appelait, au printemps dernier, chaque citoyen à interpeller ses eurodéputés sur le vote de la PAC, il est encore temps de faire entendre votre voix, en vous mobilisant, en écrivant et en sollicitant vos représentants auprès du Parlement européen.

La Confédération Paysanne lance par ailleurs sa campagne "Envie de paysans !" qui vise à faire se rencontrer les producteurs et les consommateurs, afin d’échanger sur l’avenir souhaitable de l’agriculture. Continuez à débattre et à partagez ces informations autour de vous : la prise de conscience de chacun est nécessaire au changement d’agriculture !

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Courgettes façon «  pickles  » par Judika

Publié le par Amap de la Crabote

Courgettes façon «  pickles  » par Judika

3 kg de courgettes (couper finement avec un robot) +
2 c.à s. de sel
Laisser macérer 2 heures
Enlever le jus
Rajouter 4 tasses de sucre (la moitié d’un mug)
3 tasses de vinaigre de vin blanc
1 tasse d’eau
Couper ½ kg d’oignon en rondelles fines
Faire mijoter le tout pendant 15 minutes
Rajouter un poivron rouge et un vert (couper en petit cube) +
1 c. à c. de curry
Remplir des bocaux, les retourner (faire comme avec les confitures) et voilà le tout est stérilisé et prêt à être dégusté !

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Les miracles de la permaculture

Publié le par Amap de la Crabote

Texte : Cyril Dion
Photos : Fanny Dion

La productivité insoupçonnée de la terre

Faites le test autour de vous. Affirmez haut et fort que nous pourrions nous passer des engrais et des pesticides. Ajoutez que l’utilisation de l’espace agricole en France pourrait être optimisée et que les monocultures défigurent une grande partie de nos paysages. Prétendez que nous pourrions produire beaucoup plus, sur de plus petites surfaces, en recréant des emplois en masse. Arguez que les fermes du XXIème siècle seront non seulement productives, mais magnifiquement belles et que les paysans qui y travailleront gagneront peut être mieux leur vie que les agriculteurs d’aujourd’hui. Terminez en brossant le tableau de villes modernes, culturelles et agricoles.

Je ne donne pas cher de votre peau.

Et pourtant, ce que l’agroécologie et la permaculture (entre autres) sont en train d’apporter à la réflexion agronomique démontre, s’il en était encore besoin, à quel point cette vision est fondée. L’expérience que Charles et Perrine Hervé-Gruyer conduisent, dans leur petite ferme du Bec Hellouin est, à ce titre, particulièrement intéressante.

Depuis quatre ans, ils ont choisi d’appliquer les principes de la permaculture à leur pratique agricole. La perma-culture, (entendez cultures permanentes) est « un système de conception des installations humaines qui s’inspire de la nature » selon les mots de Charles. Elle va chercher à recréer la grande diversité et l’interdépendance qui existent dans les écosystèmes. Chaque élément va profiter aux autres et se nourrir de l’ensemble. C’est un modèle en boucle, qui ne produit pas de déchets. Les applications de la permaculture sont multiples : villes (notamment les villes en transition), entreprises, économie, énergie…

Appliqués à l’agriculture, ces principes utilisent à la fois les meilleures pratiques élaborées par les paysans depuis des siècles, aux quatre coins de la planète (cultures sur buttes et à étages, compostage, place de l’arbre, complémentarités entre les variétés, traction animale) et tout ce que les sciences du vivant nous ont appris sur le fonctionnement de la nature.

L’objectif est de reproduire le fonctionnement extraordinaire des écosystèmes naturels qui, depuis des millions d’années, fonctionnent sans pétrole, sans travail du sol, sans mécanisation et produisent une abondance de vie dans des milieux parfois pauvres en nutriments (forêts tropicales, récifs coralliens…). En créant une relation très étroite entre le biotope, les plantes, les insectes, les animaux, la permaculture va recréer de la profusion là où régnait la pénurie.

Comme le dit Charles, « les résultats de la permaculture nous permettent d’imaginer l’avenir des sociétés humaines comme une abondance de biens essentiels (mais pas de gadgets), qui exclurait le gaspillage ».

Quels résultats peut-on observer sur l’exploitation de Charles et Perrine ?

Charles commence par une mise en garde : « C’est difficile à dire, car nous n’avons pas encore fait d’étude. Lancer des chiffres comme ça, qui n’ont pas été validés ne serait pas très sérieux. Dix pour cent des gens vont trouver que c’est formidable, mais quatre vingt dix pour cent risquent de rejeter en bloc ce que nous avançons. »

La première référence, encore assez imprécise, que Charles et Perrine ont pu constater est que sur les six premiers mois de l’année 2011, ils ont pu alimenter une AMAP de quatre vingt paniers, deux boutiques bio, un restaurant sur la fin de la période, nourrir leur famille de six personnes ainsi que l’ensemble de leurs stagiaires (soit dix personnes en permanence pendant six mois), avec mille cinq cent mètre carrés : l’île jardin (300 m2), la serre (400 m2) et le jardin mandala (800 m2). Deux personnes et demie en moyenne ont travaillé à plein temps sur les parcelles.

« Nous ne pourrons pas faire cela toute l’année, concède Charles, d’autres parcelles sont plantées avec nos légumes d’hiver, mais nous entrevoyons qu’en optimisant notre travail nous arriverions à une productivité beaucoup plus forte que l’approche classique. » Ce qui est plein de modestie lorsque l’on sait que la majorité des AMAP fonctionnent sur deux à quatre hectares pour une moyenne d’une centaine de paniers.

Parmi les influences de Charles et Perrine on trouve notamment les travaux d’Eliott Coleman, créateur, entre autre, d’un semoir manuel multirangs de précision, et ceux de John Jeavons montrant que la productivité des cultures sur buttes peut être jusqu’à dix fois supérieure à l’agriculture biologique mécanisée. Ils s’inspirent également des pratiques des maraîchers de Paris qui, avec six cents hectares de cultures, avaient rendu Paris (environ un million huit-cent mille habitants) autosuffisant en légumes pendant toute la seconde moitié du XIXème siècle. Les parcelles cultivées couvraient en moyenne 4000 m2 avec un travailleur pour 1000 m2 et jusqu’à huit rotations de légumes par an, contre un travailleur pour plusieurs hectares actuellement et des rotations bien moins fréquentes.

Aujourd’hui, ils engagent une étude de trois ans avec l’INRA et AgroPariTech qui permettra de donner un réel référentiel technico-économique de la productivité et de la rentabilité de leurs pratiques. L’hypothèse de départ est qu’il serait possible de créer un emploi pour 1000 m2cultivés. L’émergence d’une micro-agriculture naturellement très intensive faciliterait l’essor de la production vivrière dans et autour des villes, là où l’accès au foncier est le principal facteur limitant. Mais Charles n’en fait pas un motif d’autosatisfaction. « J’insiste sur le fait que nous ne nous positionnons pas contre nos collègues ou ne cherchons pas à montrer que nous faisons mieux. Nous explorons une manière différente de faire. »

Une révolution agricole

La révolution que suggère cette expérience est multiple.

Premièrement, elle n’utilise quasiment aucun pétrole, à l’exception de ce qui a été nécessaire à la fabrication des outils manuels et des serres, ou de manière très ponctuelle, un petit motoculteur lors de la création des buttes par exemple.

Deuxièmement, elle remet profondément en question notre idée de la taille que devrait avoir une exploitation. Aujourd’hui, pour obtenir le droit d’être maraîcher dans l’Eure (où se trouve la ferme du Bec Hellouin), il faut au minimum justifier d’une surface d’une demie SMI (Surface Minimum d’Installation), soit trois hectares et demi. Les syndicats, les banques, les conseillers techniques, les revues, les salons poussent d’un même élan le jeune agriculteur à grossir, à s’étendre, à se mécaniser pour supposément prospérer. Avec les conséquences que l’on connaît : endettement, fermes toujours plus grandes pour toujours moins de paysans, obligation d’industrialiser les pratiques…

Troisièmement, elle suggère une réflexion sur le rôle à donner à la main de l’homme dans la production vivrière. Un grand nombre d’études effectuées dans le monde entier montrent que plus une ferme est petite, plus elle est productive par unité de surface (voir en particulier le rapport récent de la Banque Mondiale sur la petite agriculture familiale et paysanne). Ces analyses mettent en évidence la corrélation entre le soin apporté aux cultures et le niveau de productivité atteint.

Selon ce principe nous pourrions recréer des centaines de milliers d’emplois dans l’agriculture, qui est probablement le plus grand vivier, oublié ou négligé par les politiques de tous bords.

Enfin elle laisse entrevoir que la productivité naturelle de la terre est encore mal connue et que son formidable potentiel ne demande qu’à être exploré.

En quoi est-ce une bonne nouvelle ?

D’abord parce que quatre-vingt dix pour cent des fermes dans le monde font moins de deux hectares. Cultivées de façon optimale, elles permettraient de nourrir une population bien plus grande qu’aujourd’hui (comme l’avance l’étude publiée par l’ONU sur l’agroécologie).

Ensuite parce que la surface que nous pourrions consacrer à l’agriculture et à l’élevage en France serait doute moindre et laisserait la place à d’autres cultures qui s’avéreront sans doute indispensables, comme celle de forêts nourricières produisant des fruits à coque nutritifs et excellents pour la santé ou celle de la biomasse comme énergie renouvelable et comme source de fabrication d’éco-matériaux pour la construction écologique, tout en restaurant les paysages et en stockant du carbone.

Enfin, parce que l’espace dans et autour de nos villes, optimisé et amoureusement jardiné, pourrait participer activement à nourrir les personnes qui y vivent et à magnifier le paysage.

Une autre vision de l’agriculture.

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